Bulletin N° 14 juillet – août – septembre 2010
Du groupe Eugène Le Roy affilié à l’Union Mondiale de la Libre Pensée.
« La dictature d’une doctrine quelle qu’elle soit, fait entrave au développement de la vérité. » J. Rostand
EDITORIAL
LAÏCITE, LUEUR D’ESPOIR
Dans la grisaille actuelle, pas seulement climatique, une lueur d’espoir se fait jour dans notre lutte de Libres Penseurs pour la défense de la laïcité.
C’est le début de la reconnaissance par les Municipalités de la nécessité de réagir aux incessantes attaques, voilées ou non, dont est victime notre institution laïque et de la défense de la loi du 9 décembre 1905.
Deux municipalités du Sarladais, Marcillac St. Quentin et Carsac-Aillac ont réagi contre ces atteintes à la tolérance, à la liberté d’expression, à la liberté de penser régies par cette loi.
Deux maires, jusqu’à maintenant, ont eu le courage de donner à un édifice et un place le beau nom de Laïcité, avec une certaine solennité.
Ils se reconnaitront ; que ces quelques lignes leur expriment nos remerciements, au nom des libres penseurs et aussi de tous ceux qui veulent s’affranchir des obscurantismes de toutes sortes.
C’eut été une grande joie pour notre cher Albert Segondat de voir se concrétiser son initiative. Sa campagne avait commencé il y a 3 ans. J’ai voulu continuer son œuvre avec l’aide de vous tous, chers camarades. 47 maires ont été contactés par Albert et moi. Enthousiasme chez beaucoup, pas de possibilités chez certains. Mauvaise foi évidente et refus à peine poli chez une petite minorité.
Le courant est lancé, nous savons déjà que, prochainement, d’autres municipalités vont adhérer à notre idée en Périgord Noir et Quercy. Ainsi que je le répète à tous, la laïcité n’appartient pas à la Libre Pensée, nous voulons être ses meilleurs défenseurs. Quelques maires, par ignorance ou convictions rétrogrades, ne veulent pas faire cette différence, et ainsi veulent justifier leur refus- Pitoyable et lamentable argument. Et pourtant la Laïcité souffre. Il y a 60 ans, c’était inimaginable. Même la bondieuserie du gouvernement de Pétain n’avait pas osé démanteler entièrement la loi de 1905. Il a fallu la IVème et la Vème République pour, avec des lois de plus en plus rétrogrades, étrangler notre école laïque, qui fit de nous des bons citoyens, leur inculquant le respect de celui qui ne nous ressemble pas, la tolérance civique et religieuse. Admettant l’Enseignement Privé mais ne le subventionnant pas, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, avec en dernier lieu les accords Lang-Cloupet, Kouchner-Vatican , qui permettent à nos Conseils Régionaux de droite et de gauche de subventionner allégrement St. Joseph ou autres.
Pendant ce temps, on a supprimé 16 000 postes dans l’Education Nationale, 16 000 le seront d’ici 2012. Où va-t-on ?
Etranglement des maternelles et CM 1et 2, plus d ‘encadrement digne de ce nom, classes et postes surchargés, élèves livrés a eux mêmes, perdant tous repères – voilà ce que veut le pouvoir actuel.
D’un autre coté, l’arbre de la Burqa cache la forêt de l’intégrisme des fous d’Allah. Bien entendu ne mettons pas tous les musulmans dans le même panier. Chez eux aussi il y a des laïques convaincus. Entre les écueils de ces fanatismes nous devons évoluer et défendre notre laïcité, réveiller les enseignants et les laïques assoupis et remercier encore les maires qui ont le courage de faire front.
Pierre DAVID
LE GROUPE EUGENE LE ROY, HEUREUX
Le samedi 29 mai à Carsac-Aillac a été un jour mémorable.
Berthoux SECONDAT (ancien président) et Pierre DAVID, créateurs du groupe Eugène Le Roy (pourquoi Eugène Le Roy ? Parce que cet homme républicain, libre penseur, écrivain, a défendu toute sa vie la laïcité) qui sont à l’initiative du projet « rue ou place de la laïcité » démarré depuis 2 ans et proposé à une soixantaine de maires du Sarladais, peuvent être contents et fiers de voir ce projet prendre son envol : le maire de Carsac-Aillac a inauguré la Place de la laïcité, ce samedi 29 mai, en présence de Bernard CAZEAU, président du Conseil Général, Germinal PEIRO, député, et Pierre DAVID, actuel président du groupe.
C’est une grande récompense pour le groupe qui bataille depuis longtemps. Patrick BONNEFON, maire de Carsac-Aillac, a parlé de la laïcité, de ses principes, de l’évolution de l’école laïque dans sa commune, et rendu hommage à Bernadette TREFEIL, qui était un personnage important dans le cadre associatif.
Germinal PEIRO a expliqué que la laïcité passait par la tolérance mutuelle, la juste position entre des idées extrémistes et laxistes, et verrait bien en France une rue de la laïcité dans chaque commune. Pierre DAVID a exprimé ses remerciements et exposé son parcours difficile auprès des maires, qui
aboutissait enfin : des maires d’autres communes lui apporteront leur soutien pour la rue ou place de la laïcité.
Bernard CAZEAU a conclu en disant que grâce à des mouvements associatifs comme le nôtre, des idées et des causes pouvaient avancer positivement.
C’était un très beau jour pour le groupe Eugène Le Roy, qui a présenté son exposition sur l’histoire de la loi de 1905 dans la journée, et débattu avec intelligence, sur des vidéos concernant l’actualité laïque.
Cette journée s’est terminée avec un vin d’honneur offert par la mairie de Carsac-Aillac.
Merci à tous pour ce bel événement.
Le groupe des libres penseurs Eugène Le Roy
DECEMBRE 1945 : CONFERENCE DE PRESSE DU MINISTRE DU TRAVAIL
Celui qui fut surnommé « le ministre des travailleurs » reste comme un symbole de la lutte des communistes pour mettre sur pied, au sortir de la guerre, la Sécurité Sociale. A l’époque, ce système était considéré comme le plus avancé de ceux existant dans les pays capitalistes.
En 1936, au moment du Front populaire, l’ouvrier métallurgiste Amboise Croizat, important dirigeant syndical, est élu député communiste. A la chambre, il prend une part très active à l’élaboration des grandes lois sociales de l’époque, congés payés, loi des 40 heures, etc.
Puis c’est la guerre, les prisons de Pétain, la déportation en Algérie. Libéré du bagne en1943 avec ses camarades, les vingt-sept députés du « Chemin de l’honneur », il reprend ses activités militantes. Notamment à la CGT, illégale à l’époque. A la libération, il est à nouveau élu député communiste et devient ministre du général de Gaulle. Ministre du Travail, il le restera jusqu’en 1947 lorsque les communistes sont chassés du gouvernement.
Pendant ces dix-sept mois, il a accompli une œuvre énorme : c’est d’abord la généralisation de la Sécurité sociale à tous les salariés, la retraite des vieux étendue. Grâce à ses efforts, les accidents du travail et les maladies professionnelles échappent aux compagnies d’assurances et passent aux caisses de la Sécurité sociale, qui s’occupent de la prévention et de la rééducation. Amboise Croizat est également à l’origine de l’amélioration des prestations familiales, de l’augmentation substantielle de la prime de maternité et de l’institution, pour la première fois, de la prime prénatale.
Il est l’auteur d’un décret sur l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes ; il rétablit le paiement des heures supplémentaires (loi annulé par Vichy) et impose une augmentation des salaires pour le travail de nuit et du dimanche.
Mais Amboise Croizat, ministre du Travail et de la Sécurité sociale, avait confiance avant tout dans la lutte. Il aimait à rappeler : Tant que nous n’aurons pas chassé le capitalisme, aucune conquête ne pourra être considérée comme définitivement acquise. Les travailleurs unis devront sans cesse les défendre.
Germinal PEIRO
Salle des fêtes de Montignac
Samedi 30 janvier
GARDER L’ESPOIR
Faut-il pour autant désespérer ? Non, je pense que nous devons faire preuve d’un optimisme raisonnable. Dans un monde globalisé où les techniques de communication nous font vivre en direct les joies ou les drames (comme aujourd’hui à Haïti) de l’humanité, il paraît impossible qu’à l’avenir les hommes ne réussissent pas à fixer des règles mondiales garantes de l’équilibre de la planète, à mettre leur intelligence au service du développement respectueux de l’environnement ou ne s’interrogent pas sur leurs propres comportements et les ressorts d’une société dont le seul accès au bonheur passe par le « toujours plus » et une croissance perpétuelle.
Il paraît impossible, comme nous le rappelle Alain Supiot dans « L’esprit de Philadelphie – la justice sociale face au marché total », que les hommes ne se réfèrent pas à la Déclaration internationale des droits à vocation universelle proclamée à Philadelphie par les nations à la fin de la Deuxième Guerre mondiale lors du Congrès de l’Organisation Internationale du Travail le 10 mai 1944 – déclaration qui sera suivie par la Déclaration universelle des droits de l’Homme en 1948.
Que disait la Déclaration de Philadelphie ? Elle est la première à se référer à la dignité humaine pour faire place aux conditions de vie et de travail des hommes. Elle est la première à affirmer que : « Le but central de toute politique nationale et internationale est la réalisation de la justice sociale et que l’économie et la finance sont des moyens au service de cette fin ».
Depuis cette date, on a l’impression que c’est l’inverse qui s’est produit et que se sont les hommes qui sont au service de l’économie et de la finance. Il faut dire que depuis cette date l’ultralibéralisme a érigé le marché en instance suprême. Tous les produits, tous les biens, tous les services doivent être libéralisés et livrés à la concurrence du marché mondial avec un minimum de contraintes.
J’ai cru, comme beaucoup, que lors du sommet de Copenhague l’urgence environnementale imposerait des contraintes sur les moyens de production ou les transports, de façon à introduire une forme de régulation dans les échanges mondiaux. Il n’en a rien été, mais ce n’est pas une raison pour renoncer.
Je reste persuadé que le dogme des libéraux qui impose à la planète la dérégulation, le libre-échange total, n’est ni tenable, ni soutenable.
LA FIN DE VIE
J’ai déposé une proposition de loi sur le droit de mourir dans la dignité. Il s’agit, pour ceux qui le souhaitent et qui en font la demande, d’obtenir le droit d’être assisté dans les derniers moments de sa vie. Il ne s’agit pas, comme je l’ai entendu, de donner un permis de tuer, il s’agit de permettre à ceux qui le souhaitent et qui en font la demande de quitter la vie dignement et selon leur propre volonté. Pour moi, accompagner un être cher en fin de vie est un acte d’amour, il doit être permis et encadré par la loi. Les progrès trop lents des soins palliatifs ne changent rien au fait que chacun d’entre nous doit avoir le droit de quitter la vie comme il l’entend. Notre vie n’appartient à personne d’autre, et chacun d’entre nous doit avoir la liberté et le droit de partir comme il le souhaite.
Je sais que c’est un sujet délicat, que dans notre civilisation de culture judéo chrétienne la mort est taboue. Pourtant, je suis persuadé que la législation évoluera sur ce sujet et que, si chacun de nous a la liberté de conduire sa vie, il doit avoir la liberté de choisir sa fin de vie.
(Extraits des vœux du Député)
LE DROIT CANONIQUE ET L’IMMUNITE ECCLESIASTIQUE
QU’EST-CE QUE LE DROIT CANONIQUE OU DROIT CANON ,
C’est l’ensemble des lois et des règlements adoptés ou acceptés par les autorités catholiques pour le gouvernement de l’église et de ses fidèles. (définition trouvée dans l’encyclopédie wikipédia)
DEPUIS QUAND EXISTE-T-IL ?
Le droit canonique s’est élaboré progressivement, empruntant d’abord au corpus juridique romain.
A partir du IVème siècle, les papes ont créé de nouvelles normes par le biais de lettres décrétales. Les sources du droit sont très dispersées.
C’est au Moyen Age, par un gigantesque travail de compilation des sources (ordonnances des conciles, décrets des papes, et…..) que les canonistes parviendront à unifier ce droit.
Au XIème siècle, le droit civil est en train de devenir rationnel. C’est alors que vers 1140, Gratien publie son « Concorde des canons discordants », un traité méthodique qui servira jusqu’en 1917.
A cette époque est finalement promulgué le nouveau Code de droit canonique ou CIC, après maints réajustements et manipulations,.
LE CODE DE DROIT CANONIQUE DE 1983
A l’heure actuelle, le Code faisant autorité dans l’église latine est celui de 1983, qui met moins l’accent sur le caractère hiérarchique et ordonné de l’église. Il veut promouvoir l’image d’une église-peuple de Dieu et d’une hiérarchie au service des autres :
Can. 204 : « Les fidèles du Christ sont ceux, qui, en tant qu’incorporés au Christ par le baptême, sont constitués en peuple de Dieu, et qui, pour cette raison, faits participants à leur manière à la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ, sont appelés à exercer, chacun selon sa condition propre, la mission que Dieu a confiée à l’église pour qu’elle l’accomplisse dans le monde ».
LE CIC COMPREND 7 LIVRES
LIVRE I : les normes de l’église avec la coutume, les décrets généraux et les instruction, les actes administratifs particuliers, les statuts et les règlements, ……
LIVRE II : le peuple de Dieu avec en 1ère partie, les fidèles du Christ , en 2ème partie, la constitution hiérarchique de l’église et en 3ème partie, les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique.
LIVRE III : la fonction d’enseignement de l’église : le ministère de la parole de Dieu, l’activité missionnaire de l’église, l’éducation catholique, les moyens de communication sociale et en particulier les livres, la profession de foi.
LIVRE IV : la fonction de sanctification de l’église, en 1ère partie, les sacrements, en 2ème partie, les sacramentaux,(ex : le culte des saints….) et en 3ème partie , les lieux et les temps sacrés.
LIVRE V : les biens temporels de l’église : l’acquisition des biens, l’administration des biens.
LIVRE VI : les sanctions de l’église, avec en 1ère partie, les délits et les peines en général , en 2ème partie, les peines pour des délits particuliers.
LIVRE VII : les procès, avec en 1ère partie, les jugements en général, en 2ème partie, les procès contentieux, en 3ème partie, quelques procès
spéciaux, et 4ème partie, le procès pénal.
(Document recueilli sur l’encyclopédie Wikipédia et sur Internet).
Pendant notre dernière AG, Roger Louis, président de l’ADLPF a soulevé le problème : le droit canon couvre-t-il les prêtres pédophiles ?
Au vu des documents exposés, vous comprendrez que le droit canon est un règlement qui est observé ou pas, par le gouvernement ecclésiastique.
Il est vrai que depuis quelques années, des dossiers ont dévoilé la pédo-
philie de certains prêtres.
La première alerte se passe aux Etats Unis, en 1985, Thomas Patrick Doyle, prêtre catholique et spécialiste du droit canon, rédige avec F. Ray Mouton Jr et le père Michaël Peterson, un rapport de 92 pages sur les nombreux abus sur mineurs commis par des membres du clergé. Il y a eu des commissions constituées, mais les évêques préféraient agir de façon indépendante dans leurs diocèses, avec leurs propres experts. Ce Il est vrai que depuis quelques années, des dossiers ont dévoilé la qui confirme bien que l’église est un état dans l’Etat, et le revendique dans son code de droit canonique.
Les premières affaires déclarées de pédo-criminalité dans l’église catholique aux Etats Unis, apparaissent à la fin des années 1980. Des procès très médiatisés comme celui, en 1993, du prêtre Edward Pipala, condamné pour des viols commis sur une dizaine de jeunes garçons, contribuent à donner la parole aux victimes. Elles sont bientôt des centaines à sortir du silence. La peur, la honte, ont toujours retenu les victimes de parler.
En Europe, en 1995, le cardinal Hans Hermann Groër, archevêque de Vienne, est publiquement accusé d’abus sexuels par deux de ses anciens élèves. Le cardinal ne reconnaît pas ces abus mais renonce, la même année, à ses fonctions de primat des catholiques autrichiens. Le Saint-Siège estime que HH Groër est victime de fausses accusations. Une enquête avait été demandée, par le cardinal Ratzinger, alors préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, mais une partie de la curie romaine, dont le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’état du Saint-Siège, s’y serait opposée et aurait obtenu satisfaction. Donc, on en revient toujours à la même constatation, malgré le droit canon qui gère l’église catholique, pour punir, pour réglementer la vie des fidèles et des ecclésiastiques, celle-ci fait sa propre loi.
En France, avant les années 2000, les cas d’abus sur mineurs étaient souvent traités, d’après les témoignages des évêques eux-mêmes, dans la confidentialité. La principale mesure prise était souvent un changement d’affectation du prêtre, sans que le risque de récidive, et la nécessité d’une sanction efficace et exemplaire soient suffisamment pris en compte.
C’est en 1998, l’affaire grave de l’abbé Bissey, accusé d’une douzaine de viols et agressions sur mineurs entre 1985 et 1996, qui entraîne une punition le prêtre est condamné le 6 octobre 2000, à 18 ans de réclusion criminelle. Cette affaire marque un tournant. Même l’évêque du diocèse, Pierre Pican, a aussi été mis en examen, pour « non-dénonciation de crime » et « non-dénonciation d’atteinte sexuelle sur mineurs de 15 ans ».
Il a fallu bien des années, pour en arriver à ce résultat. Les médias ont été pour une part, le déclencheur de cette prise de conscience , et le fait que les victimes soient sortis de leur silence, soutenues par des associations solides et solidaires, ont permis de faire appel au système judiciaire civile .
A partir de cette époque, les évêques déclarent qu’ils ne peuvent rester passifs, ou couvrir des actes délictueux, qui d’après eux, étaient inconnus jusqu’à présent. : « Les prêtres qui se sont rendus coupables d’actes à caractère pédophile doivent répondre de ces actes devant la justice » mais ajoutent aussi « qu’il n’est pas facile à un évêque de réunir les éléments suffisants et sûrs lui permettant de savoir si un prêtre a effectivement commis des actes à caractère pédophile ».
Aujourd’hui, on entend maintes et maintes dénonciations d’abus sexuels commis par les ecclésiastiques, au Canada, en Irlande, et en Allemagne, où de grosses affaires ont pris jour.
Comme cette affaire au Mexique, du prêtre Marcial Maciel Degollado, fondateur en 1941 des légionnaires du Christ, mis en cause en 1956, pour toxicomanie, ainsi que pour abus sexuels sur des jeunes novices de sa congrégation. L’enquête se conclut au Vatican, par un non-lieu en 1959. L’affaire est gelée en 1999 à la demande de Jean-Paul II, en raison de la floraison de vocations dans cette œuvre et parce que les faits, qui remonteraient à plus de trente ans, sont prescrits. En 2006, Benoit XVI, écarte le père de tout ministère public. La congrégation pour la doctrine de la foi invite ce dernier « à conduire une existence retirée dans la prière et la pénitence » et confirme ainsi la culpabilité du père mais renonce a engagé un procès canonique contre lui en raison de son grand âge et de sa santé fragile.
Quand on lit cette conclusion, c’est choquant. Le crime, quel qu’il soit, mérite une punition exemplaire. Que fait l’église ? elle écarte le coupable dans un endroit retiré où il peut faire pénitence.
Est-ce que les pédophiles en général, ont cette possibilité de se retrouver oubliés dans un coin ?La justice veut qu’il soit punit et enfermé pendant des années pour la plupart. Ensuite, il est suivi par un médecin qui le surveille en cas de récidive. La justice de droit civil n’a pas autant de complaisance pour les pédophiles.
Il est dit plus loin, que dans la congrégation citée plus haut, les prêtres étaient liés par un vœux spécial, levé seulement en 2006, à la demande expresse du Saint-Siège, qui les obligeaient à ne pas critiquer leurs supérieurs.
L’église avait le droit de tout faire, de tout réglementer, à condition que cela reste secret, par la faute des fidèles eux-mêmes qui ne disaient rien, et des prêtres eux-mêmes qui taisaient tous ces crimes.
En fin de compte, le droit canon, sert à l’église pour gérer sa grande famille de prêtres, pour ne pas ébruiter les crimes et autres manifestations indignes. Dans cet état religieux, ce code sert de justice, manié comme le désirent leurs dirigeants.
Quelles sont les réactions des paroissiens lorsqu’ils entendent ces accusations ?
La principale, au début de ces découvertes criminelles ecclésiastiques, était tout d’abord l’incrédulité. Un prêtre accusé, qui régit leur vie privée et religieuse, ne pouvait avoir commis tant de monstruosités. C’était inconcevable.
Et maintenant, avec la libération de la loi du silence, pour tous ces prêtres accusés dans le monde, de pédophilie et d’autres crimes, les paroissiens et le public, commencent à prendre au sérieux ces accusations. C’est pourquoi, l’église commence à réagir et décide qu’elle va sévir et s’occuper de ces problèmes ignobles, mais il a fallu combien d’enfants touchés et traumatisés avant qu’on puisse en parler devant une cour de justice civile ?
En 2001, le cardinal Dario Castrillon Hoyos, préfet de la congrégation pour le clergé, estimait encore qu’un évêque n’avait pas à dénoncer aux autorités civiles un prêtre de son diocèse. Il justifiait cet avis par la relation sacramentelle et les liens de paternité spirituelle unissant les prêtres à leurs évêques. Et cette relation sacramentelle est bien inscrite dans le code de droit canon.
Depuis quelques années, le pape, pour rattraper la mauvaise presse, dans la lettre adressée aux catholiques d’Irlande, observe que des évêques « ont manqué, parfois gravement, dans l’application des normes du droit canonique codifiées depuis longtemps en ce qui concerne les crimes d’abus sur les enfants……il faut admettre que de graves erreurs de jugement furent commises et que des manquements dans le gouvernement ont eu lieu ».
Dans le droit canon, qui existe depuis longtemps, il est prévu l’application de sanctions pour les membres du clergé coupables d’abus sexuels. L’église a pallié à ce droit, depuis le XIXème siècle, en faisant suivre une thérapie à ses membres, mais la pédophilie est une maladie dont on guérit rarement et certains centres et thérapeutes manifestaient une trop grande complaisance à l’égard de la pédophilie. Après différentes enquêtes réalisées en Irlande (rapport Murphy et rapport Ryan) et aux Etats-Unis (John Jay report) l’église a plusieurs fois condamné des abus sexuels sur les mineurs, mais les responsables de l’institution préféraient souvent chercher des solutions en interne, sans en référer systématiquement aux autorités civiles, ou sans suffisamment tenir compte du droit des victimes. Reinhard Marx, archevêque de Munich a déclaré «il y avait sûrement des tendances , dans le passé, à ne pas entacher l’image de l’institution. »
La plupart des exemples indiqués viennent d’internet et sont sur une page « immunité ecclésiastique et pédophilie » – il y a plusieurs textes qui sont annotés et non signés – mais en lisant ces textes, et pour conclure, l’église catholique a toujours fait ce qu’elle voulait dans son institution, et d’autres églises s’imposent à nous, ainsi que leurs méthodes particulières, et aucune réaction ou si peu. Il ne faut pas attendre que le pire arrive……..
Michèle ROUSSET
POEME
LEVE –TOI
Il est temps, lève-toi du cercueil de tissu
Où quelques barbares, pour mieux te dominer,
Ont fait disparaître tes yeux de jais, ton nez,
Tes lèvres , tes mots. Toi ? ma sœur, où es-tu ?
As tu donné ton âme, aimes-tu ton geôlier ?
Non, ce n’est pas un dieu qui veut faire de toi
Un objet invisible, non ce n’est pas un dieu
Qui veut te bâillonner, c’est un mensonge affreux,
Une bestialité édicté comme loi.
Viens, ma sœur, montre au ciel l’éclat de tes cheveux.
Dans mon pays, longtemps, les femmes ont été
Rabaissées . Il fallut des années de combat,
Pour qu’on leur reconnût enfin les même droits
Et le même respect, pour qu’avec équité
Ils nous soient partagés, avec ou sans la foi.
Nulle part n’est écrit que tu es un objet,
Une esclave dédié à la reproduction,
Invisible et surtout entravée de chiffons
Asservie par naissance, et plus rien désormais
N’est digne de l’humain si, par lapidation,
On peut t’assassiner sans parler de méfait.
Tu es née pour aimer, libre, pour avancer :
Ton corps et ton esprit à toi seule appartiennent.
Il s’agit de ta vie, montre-leur qu’elle est tienne.
Il n’est aucun bâillon qui tue la Vérité.
Lève-toi du linceul jusqu’à ce que nous vienne
Comme la lumière, le don de ta beauté.
Par toi, cet homme n’a aucune humanité,
Qui fait de toi l’esclave et l’ombre de sa haine,
Quand l’ignorance règne au monde se déchaîne,
Il est temps, tu le sais, d’enfin te libérer
Du voile de la honte, et de vivre, sereine,
Chaque jour un peu plus près de la liberté.
Christine PIE
SALUT L’ARTISTE , MERCI LE GRAND POETE
A quelques jours du printemps, Jean Ferrat a tiré sa révérence. Le chanteur engagé, le poète, l’amoureux des poètes, le rebelle s’est éteint dans son village adoptif d’Antraigues en Ardèche. Ce n’est pas parce qu’il était un ancien élu -conseiller municipal et maire adjoint- que je tiens à lui rendre hommage, mais parce qu’il nous a bercés, portés, émus, soutenus dans nos combats pour un idéal de justice, de paix, de solidarité. Toujours aux côtés de ceux qui luttent, toujours du côté des petites gens, toujours porte voix des sans voix. Un homme intègre, fidèle, sans concession. Des paroles, il y en aurait des milliers à citer, à fredonner, mêlant amour, poèmes d’Aragon, espoir, colère, hommage à la montagne, respect pour les poètes de la Résistance, horreur de la guerre…
« La porte du bonheur est une porte étroite, on m’affirme aujourd’hui que c’est la porte à droite, qu’il ne faut plus rêver… Un jour pourtant, un jour viendra, couleur d’orange. Un jour de palmes, un jour de feuillages au front, un jour d’épaule nue, où les gens s’aimeront.. Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche. On me dit à présent que ces mots n’ont plus court, qu’il vaut mieux ne chanter que des chansons d’amour, que le sang sèche vite en entrant dans l’histoire et qu’il ne sert à rien de prendre une guitare. Mais qui donc est de taille à pouvoir m’arrêter. L’ombre s’est faite humaine, aujourd’hui c’est l’été. Je twisterais les mots s’il fallait les twister, pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez. Je pense à toi, Desnos, qui parti de Compiègne comme un soir en dormant, tu nous en fis récit accomplir jusqu’au bout ta propre prophétie, là-bas où le destin de notre siècle saigne…Picasso tient le monde au bout de sa palette, des lèvres d’Eluard s’envolent des colombes. Ils n’en finissent pas tes artistes prophètes de dire qu’il est temps que le malheur succombe ».
Salut l’artiste, merci le grand poète.
Patrick BOUBE, conseiller général du canton d’Aurignac
(Ht-Garonne)