MA VIE REBELLE

PAR AYAAN HIRSI ALI
Somalienne, sous la dictature de Siyad Barré, éduquée par une grande-mère très traditionnelle , et une mère musulmane, seule, abandonnée par son mari, Ayaan a connu l’exil très jeune, et la détresse d’une vie de réfugiée. Elle a subi l’excision, une vie dure de brimades et de punitions maternelles, un fanatisme de la religion coranique musulmane, la contrainte d’un mariage forcé. Vers l’age de 23 ans, après maintes réflexions sur sa vie quotidienne, et sur sa vie de femme musulmane, elle décide de s’enfuir aux Pays-Bas, où elle devient une femme libre, défiant les lois des siens, les barrières politiques, raciales, et les menaces d’islamismes extrémistes. Elle devient parlementaire, est poursuivie par les groupes musulmans qui veulent l’éliminer car elle ne craint pas de critiquer la religion musulmane, le Coran, la burqua, et la vie des femmes musulmanes. Elle est obligée de partir aux Etats Unis, où elle continue son combat pour la liberté.
Voici un extrait de la conclusion de son livre :
« J’ai grandi dans un environnement où la mort s’invitait sans cesse. Un virus, une bactérie, un parasite, une sécheresse et une famine, des soldats, des tortionnaires………..Elle emportait des jeunes femmes qui accouchaient, abandonnant leur enfant à des étrangers. Et elle venait à d’autres jeunes, de la main d’un père, d’un frère, d’un mari dont elles avaient souillé l’honneur.
Pour ceux qui vivent dans des pays plongés, comme la Somalie, dans l’anarchie et la guerre civile, la mort est partout.
Quand je suis née, ma mère a cru que j’étais morte, mais j’ai fini par crier. Quand j’ai eu la malaria, puis une pneumonie, je m’en suis relevée. Quand on m’a coupé le sexe, ma blessure a cicatrisé. Quand mon professeur de Coran m’a fracturé le crâne, les médecins m’ont sauvé. Quand un bandit m’a collé la lame de son couteau contre la gorge, il a décidé de ne pas la trancher.
Même si je dois vivre avec des gardes du corps, je me sens privilégiée, parce que je suis en vie et que je suis libre ………
C’est en Arabie Saoudite que j’ai découvert, enfant, l’islam dans toute sa puissance, une religion très différente de la version diluée, mêlée de pratiques magiques et de croyances pré-islamiques de ma grand-mère……..
Ceux qui se plaisent à considérer l’islam comme une religion de paix et de tolérance ne peuvent nier les réalités quotidiennes de ce pays : mains coupées, femmes asservies et lapidées, exactement comme l’a décrèté le prophète Mahomet il y a des siècles……..
On vit mieux en Europe que dans le monde islamique parce que les rapports humains y sont meilleurs, pour la simple et bonne raison que les individus jouissent de libertés et de droits qui sont reconnus et protégés par l’Etat. Se soumettre, se laisser maltraiter parce que Allah en a décidé ainsi, c’est plutôt cela, à mon avis, qui relève de la haine de soi. »
Quand on lit son livre, en temps que femme moderne, on ne peut adhérer à cette religion islamiste, qui veut que la femme soit l’esclave soumise à Allah. Il faut que le monde moderne fasse évoluer les mentalités, pour l’émancipation de toutes les femmes de tous les pays du monde, quelle que soit leur religion.
Michèle Rousset

ayaan Hirsi Ali

BULLETIN 14

Bulletin N° 14 juillet – août – septembre 2010
Du groupe Eugène Le Roy affilié à l’Union Mondiale de la Libre Pensée.
« La dictature d’une doctrine quelle qu’elle soit, fait entrave au développement de la vérité. » J. Rostand

EDITORIAL

LAÏCITE, LUEUR D’ESPOIR
Dans la grisaille actuelle, pas seulement climatique, une lueur d’espoir se fait jour dans notre lutte de Libres Penseurs pour la défense de la laïcité.
C’est le début de la reconnaissance par les Municipalités de la nécessité de réagir aux incessantes attaques, voilées ou non, dont est victime notre institution laïque et de la défense de la loi du 9 décembre 1905.
Deux municipalités du Sarladais, Marcillac St. Quentin et Carsac-Aillac ont réagi contre ces atteintes à la tolérance, à la liberté d’expression, à la liberté de penser régies par cette loi.
Deux maires, jusqu’à maintenant, ont eu le courage de donner à un édifice et un place le beau nom de Laïcité, avec une certaine solennité.
Ils se reconnaitront ; que ces quelques lignes leur expriment nos remerciements, au nom des libres penseurs et aussi de tous ceux qui veulent s’affranchir des obscurantismes de toutes sortes.
C’eut été une grande joie pour notre cher Albert Segondat de voir se concrétiser son initiative. Sa campagne avait commencé il y a 3 ans. J’ai voulu continuer son œuvre avec l’aide de vous tous, chers camarades. 47 maires ont été contactés par Albert et moi. Enthousiasme chez beaucoup, pas de possibilités chez certains. Mauvaise foi évidente et refus à peine poli chez une petite minorité.
Le courant est lancé, nous savons déjà que, prochainement, d’autres municipalités vont adhérer à notre idée en Périgord Noir et Quercy. Ainsi que je le répète à tous, la laïcité n’appartient pas à la Libre Pensée, nous voulons être ses meilleurs défenseurs. Quelques maires, par ignorance ou convictions rétrogrades, ne veulent pas faire cette différence, et ainsi veulent justifier leur refus- Pitoyable et lamentable argument. Et pourtant la Laïcité souffre. Il y a 60 ans, c’était inimaginable. Même la bondieuserie du gouvernement de Pétain n’avait pas osé démanteler entièrement la loi de 1905. Il a fallu la IVème et la Vème République pour, avec des lois de plus en plus rétrogrades, étrangler notre école laïque, qui fit de nous des bons citoyens, leur inculquant le respect de celui qui ne nous ressemble pas, la tolérance civique et religieuse. Admettant l’Enseignement Privé mais ne le subventionnant pas, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, avec en dernier lieu les accords Lang-Cloupet, Kouchner-Vatican , qui permettent à nos Conseils Régionaux de droite et de gauche de subventionner allégrement St. Joseph ou autres.
Pendant ce temps, on a supprimé 16 000 postes dans l’Education Nationale, 16 000 le seront d’ici 2012. Où va-t-on ?
Etranglement des maternelles et CM 1et 2, plus d ‘encadrement digne de ce nom, classes et postes surchargés, élèves livrés a eux mêmes, perdant tous repères – voilà ce que veut le pouvoir actuel.
D’un autre coté, l’arbre de la Burqa cache la forêt de l’intégrisme des fous d’Allah. Bien entendu ne mettons pas tous les musulmans dans le même panier. Chez eux aussi il y a des laïques convaincus. Entre les écueils de ces fanatismes nous devons évoluer et défendre notre laïcité, réveiller les enseignants et les laïques assoupis et remercier encore les maires qui ont le courage de faire front.

Pierre DAVID

LE GROUPE EUGENE LE ROY, HEUREUX 

Le samedi 29 mai à Carsac-Aillac a été un jour mémorable.
Berthoux SECONDAT (ancien président) et Pierre DAVID, créateurs du groupe Eugène Le Roy (pourquoi Eugène Le Roy ? Parce que cet homme républicain, libre penseur, écrivain, a défendu toute sa vie la laïcité) qui sont à l’initiative du projet « rue ou place de la laïcité » démarré depuis 2 ans et proposé à une soixantaine de maires du Sarladais, peuvent être contents et fiers de voir ce projet prendre son envol : le maire de Carsac-Aillac a inauguré la Place de la laïcité, ce samedi 29 mai, en présence de Bernard CAZEAU, président du Conseil Général, Germinal PEIRO, député, et Pierre DAVID, actuel président du groupe.
C’est une grande récompense pour le groupe qui bataille depuis longtemps. Patrick BONNEFON, maire de Carsac-Aillac, a parlé de la laïcité, de ses principes, de l’évolution de l’école laïque dans sa commune, et rendu hommage à Bernadette TREFEIL, qui était un personnage important dans le cadre associatif.
Germinal PEIRO a expliqué que la laïcité passait par la tolérance mutuelle, la juste position entre des idées extrémistes et laxistes, et verrait bien en France une rue de la laïcité dans chaque commune. Pierre DAVID a exprimé ses remerciements et exposé son parcours difficile auprès des maires, qui
aboutissait enfin : des maires d’autres communes lui apporteront leur soutien pour la rue ou place de la laïcité.
Bernard CAZEAU a conclu en disant que grâce à des mouvements associatifs comme le nôtre, des idées et des causes pouvaient avancer positivement.
C’était un très beau jour pour le groupe Eugène Le Roy, qui a présenté son exposition sur l’histoire de la loi de 1905 dans la journée, et débattu avec intelligence, sur des vidéos concernant l’actualité laïque.
Cette journée s’est terminée avec un vin d’honneur offert par la mairie de Carsac-Aillac.
Merci à tous pour ce bel événement.
Le groupe des libres penseurs Eugène Le Roy

DECEMBRE 1945 : CONFERENCE DE PRESSE DU MINISTRE DU TRAVAIL
Celui qui fut surnommé « le ministre des travailleurs » reste comme un symbole de la lutte des communistes pour mettre sur pied, au sortir de la guerre, la Sécurité Sociale. A l’époque, ce système était considéré comme le plus avancé de ceux existant dans les pays capitalistes.
En 1936, au moment du Front populaire, l’ouvrier métallurgiste Amboise Croizat, important dirigeant syndical, est élu député communiste. A la chambre, il prend une part très active à l’élaboration des grandes lois sociales de l’époque, congés payés, loi des 40 heures, etc.
Puis c’est la guerre, les prisons de Pétain, la déportation en Algérie. Libéré du bagne en1943 avec ses camarades, les vingt-sept députés du « Chemin de l’honneur », il reprend ses activités militantes. Notamment à la CGT, illégale à l’époque. A la libération, il est à nouveau élu député communiste et devient ministre du général de Gaulle. Ministre du Travail, il le restera jusqu’en 1947 lorsque les communistes sont chassés du gouvernement.
Pendant ces dix-sept mois, il a accompli une œuvre énorme : c’est d’abord la généralisation de la Sécurité sociale à tous les salariés, la retraite des vieux étendue. Grâce à ses efforts, les accidents du travail et les maladies professionnelles échappent aux compagnies d’assurances et passent aux caisses de la Sécurité sociale, qui s’occupent de la prévention et de la rééducation. Amboise Croizat est également à l’origine de l’amélioration des prestations familiales, de l’augmentation substantielle de la prime de maternité et de l’institution, pour la première fois, de la prime prénatale.
Il est l’auteur d’un décret sur l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes ; il rétablit le paiement des heures supplémentaires (loi annulé par Vichy) et impose une augmentation des salaires pour le travail de nuit et du dimanche.
Mais Amboise Croizat, ministre du Travail et de la Sécurité sociale, avait confiance avant tout dans la lutte. Il aimait à rappeler : Tant que nous n’aurons pas chassé le capitalisme, aucune conquête ne pourra être considérée comme définitivement acquise. Les travailleurs unis devront sans cesse les défendre.

Germinal PEIRO
Salle des fêtes de Montignac
Samedi 30 janvier

GARDER L’ESPOIR

Faut-il pour autant désespérer ? Non, je pense que nous devons faire preuve d’un optimisme raisonnable. Dans un monde globalisé où les techniques de communication nous font vivre en direct les joies ou les drames (comme aujourd’hui à Haïti) de l’humanité, il paraît impossible qu’à l’avenir les hommes ne réussissent pas à fixer des règles mondiales garantes de l’équilibre de la planète, à mettre leur intelligence au service du développement respectueux de l’environnement ou ne s’interrogent pas sur leurs propres comportements et les ressorts d’une société dont le seul accès au bonheur passe par le « toujours plus » et une croissance perpétuelle.
Il paraît impossible, comme nous le rappelle Alain Supiot dans « L’esprit de Philadelphie – la justice sociale face au marché total », que les hommes ne se réfèrent pas à la Déclaration internationale des droits à vocation universelle proclamée à Philadelphie par les nations à la fin de la Deuxième Guerre mondiale lors du Congrès de l’Organisation Internationale du Travail le 10 mai 1944 – déclaration qui sera suivie par la Déclaration universelle des droits de l’Homme en 1948.
Que disait la Déclaration de Philadelphie ? Elle est la première à se référer à la dignité humaine pour faire place aux conditions de vie et de travail des hommes. Elle est la première à affirmer que : « Le but central de toute politique nationale et internationale est la réalisation de la justice sociale et que l’économie et la finance sont des moyens au service de cette fin ».
Depuis cette date, on a l’impression que c’est l’inverse qui s’est produit et que se sont les hommes qui sont au service de l’économie et de la finance. Il faut dire que depuis cette date l’ultralibéralisme a érigé le marché en instance suprême. Tous les produits, tous les biens, tous les services doivent être libéralisés et livrés à la concurrence du marché mondial avec un minimum de contraintes.
J’ai cru, comme beaucoup, que lors du sommet de Copenhague l’urgence environnementale imposerait des contraintes sur les moyens de production ou les transports, de façon à introduire une forme de régulation dans les échanges mondiaux. Il n’en a rien été, mais ce n’est pas une raison pour renoncer.
Je reste persuadé que le dogme des libéraux qui impose à la planète la dérégulation, le libre-échange total, n’est ni tenable, ni soutenable.

LA FIN DE VIE

J’ai déposé une proposition de loi sur le droit de mourir dans la dignité. Il s’agit, pour ceux qui le souhaitent et qui en font la demande, d’obtenir le droit d’être assisté dans les derniers moments de sa vie. Il ne s’agit pas, comme je l’ai entendu, de donner un permis de tuer, il s’agit de permettre à ceux qui le souhaitent et qui en font la demande de quitter la vie dignement et selon leur propre volonté. Pour moi, accompagner un être cher en fin de vie est un acte d’amour, il doit être permis et encadré par la loi. Les progrès trop lents des soins palliatifs ne changent rien au fait que chacun d’entre nous doit avoir le droit de quitter la vie comme il l’entend. Notre vie n’appartient à personne d’autre, et chacun d’entre nous doit avoir la liberté et le droit de partir comme il le souhaite.
Je sais que c’est un sujet délicat, que dans notre civilisation de culture judéo chrétienne la mort est taboue. Pourtant, je suis persuadé que la législation évoluera sur ce sujet et que, si chacun de nous a la liberté de conduire sa vie, il doit avoir la liberté de choisir sa fin de vie.

(Extraits des vœux du Député)

LE DROIT CANONIQUE ET L’IMMUNITE ECCLESIASTIQUE
QU’EST-CE QUE LE DROIT CANONIQUE OU DROIT CANON ,
C’est l’ensemble des lois et des règlements adoptés ou acceptés par les autorités catholiques pour le gouvernement de l’église et de ses fidèles. (définition trouvée dans l’encyclopédie wikipédia)
DEPUIS QUAND EXISTE-T-IL ?
Le droit canonique s’est élaboré progressivement, empruntant d’abord au corpus juridique romain.
A partir du IVème siècle, les papes ont créé de nouvelles normes par le biais de lettres décrétales. Les sources du droit sont très dispersées.
C’est au Moyen Age, par un gigantesque travail de compilation des sources (ordonnances des conciles, décrets des papes, et…..) que les canonistes parviendront à unifier ce droit.
Au XIème siècle, le droit civil est en train de devenir rationnel. C’est alors que vers 1140, Gratien publie son « Concorde des canons discordants », un traité méthodique qui servira jusqu’en 1917.
A cette époque est finalement promulgué le nouveau Code de droit canonique ou CIC, après maints réajustements et manipulations,.

LE CODE DE DROIT CANONIQUE DE 1983
A l’heure actuelle, le Code faisant autorité dans l’église latine est celui de 1983, qui met moins l’accent sur le caractère hiérarchique et ordonné de l’église. Il veut promouvoir l’image d’une église-peuple de Dieu et d’une hiérarchie au service des autres :
Can. 204 : «  Les fidèles du Christ sont ceux, qui, en tant qu’incorporés au Christ par le baptême, sont constitués en peuple de Dieu, et qui, pour cette raison, faits participants à leur manière à la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ, sont appelés à exercer, chacun selon sa condition propre, la mission que Dieu a confiée à l’église pour qu’elle l’accomplisse dans le monde ».

LE CIC COMPREND 7 LIVRES
LIVRE I : les normes de l’église avec la coutume, les décrets généraux et les instruction, les actes administratifs particuliers, les statuts et les règlements, ……
LIVRE II : le peuple de Dieu avec en 1ère partie, les fidèles du Christ , en 2ème partie, la constitution hiérarchique de l’église et en 3ème partie, les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique.
LIVRE III : la fonction d’enseignement de l’église : le ministère de la parole de Dieu, l’activité missionnaire de l’église, l’éducation catholique, les moyens de communication sociale et en particulier les livres, la profession de foi.
LIVRE IV : la fonction de sanctification de l’église, en 1ère partie, les sacrements, en 2ème partie, les sacramentaux,(ex : le culte des saints….) et en 3ème partie , les lieux et les temps sacrés.
LIVRE V : les biens temporels de l’église : l’acquisition des biens, l’administration des biens.
LIVRE VI : les sanctions de l’église, avec en 1ère partie, les délits et les peines en général , en 2ème partie, les peines pour des délits particuliers.
LIVRE VII : les procès, avec en 1ère partie, les jugements en général, en 2ème partie, les procès contentieux, en 3ème partie, quelques procès
spéciaux, et 4ème partie, le procès pénal.
(Document recueilli sur l’encyclopédie Wikipédia et sur Internet).

Pendant notre dernière AG, Roger Louis, président de l’ADLPF a soulevé le problème : le droit canon couvre-t-il les prêtres pédophiles ?
Au vu des documents exposés, vous comprendrez que le droit canon est un règlement qui est observé ou pas, par le gouvernement ecclésiastique.
Il est vrai que depuis quelques années, des dossiers ont dévoilé la pédo-
philie de certains prêtres.
La première alerte se passe aux Etats Unis, en 1985, Thomas Patrick Doyle, prêtre catholique et spécialiste du droit canon, rédige avec F. Ray Mouton Jr et le père Michaël Peterson, un rapport de 92 pages sur les nombreux abus sur mineurs commis par des membres du clergé. Il y a eu des commissions constituées, mais les évêques préféraient agir de façon indépendante dans leurs diocèses, avec leurs propres experts. Ce Il est vrai que depuis quelques années, des dossiers ont dévoilé la qui confirme bien que l’église est un état dans l’Etat, et le revendique dans son code de droit canonique.
Les premières affaires déclarées de pédo-criminalité dans l’église catholique aux Etats Unis, apparaissent à la fin des années 1980. Des procès très médiatisés comme celui, en 1993, du prêtre Edward Pipala, condamné pour des viols commis sur une dizaine de jeunes garçons, contribuent à donner la parole aux victimes. Elles sont bientôt des centaines à sortir du silence. La peur, la honte, ont toujours retenu les victimes de parler.
En Europe, en 1995, le cardinal Hans Hermann Groër, archevêque de Vienne, est publiquement accusé d’abus sexuels par deux de ses anciens élèves. Le cardinal ne reconnaît pas ces abus mais renonce, la même année, à ses fonctions de primat des catholiques autrichiens. Le Saint-Siège estime que HH Groër est victime de fausses accusations. Une enquête avait été demandée, par le cardinal Ratzinger, alors préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, mais une partie de la curie romaine, dont le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’état du Saint-Siège, s’y serait opposée et aurait obtenu satisfaction. Donc, on en revient toujours à la même constatation, malgré le droit canon qui gère l’église catholique, pour punir, pour réglementer la vie des fidèles et des ecclésiastiques, celle-ci fait sa propre loi.
En France, avant les années 2000, les cas d’abus sur mineurs étaient souvent traités, d’après les témoignages des évêques eux-mêmes, dans la confidentialité. La principale mesure prise était souvent un changement d’affectation du prêtre, sans que le risque de récidive, et la nécessité d’une sanction efficace et exemplaire soient suffisamment pris en compte.
C’est en 1998, l’affaire grave de l’abbé Bissey, accusé d’une douzaine de viols et agressions sur mineurs entre 1985 et 1996, qui entraîne une punition le prêtre est condamné le 6 octobre 2000, à 18 ans de réclusion criminelle. Cette affaire marque un tournant. Même l’évêque du diocèse, Pierre Pican, a aussi été mis en examen, pour « non-dénonciation de crime » et « non-dénonciation d’atteinte sexuelle sur mineurs de 15 ans ».
Il a fallu bien des années, pour en arriver à ce résultat. Les médias ont été pour une part, le déclencheur de cette prise de conscience , et le fait que les victimes soient sortis de leur silence, soutenues par des associations solides et solidaires, ont permis de faire appel au système judiciaire civile .
A partir de cette époque, les évêques déclarent qu’ils ne peuvent rester passifs, ou couvrir des actes délictueux, qui d’après eux, étaient inconnus jusqu’à présent. : « Les prêtres qui se sont rendus coupables d’actes à caractère pédophile doivent répondre de ces actes devant la justice » mais ajoutent aussi «  qu’il n’est pas facile à un évêque de réunir les éléments suffisants et sûrs lui permettant de savoir si un prêtre a effectivement commis des actes à caractère pédophile ».
Aujourd’hui, on entend maintes et maintes dénonciations d’abus sexuels commis par les ecclésiastiques, au Canada, en Irlande, et en Allemagne, où de grosses affaires ont pris jour.
Comme cette affaire au Mexique, du prêtre Marcial Maciel Degollado, fondateur en 1941 des légionnaires du Christ, mis en cause en 1956, pour toxicomanie, ainsi que pour abus sexuels sur des jeunes novices de sa congrégation. L’enquête se conclut au Vatican, par un non-lieu en 1959. L’affaire est gelée en 1999 à la demande de Jean-Paul II, en raison de la floraison de vocations dans cette œuvre et parce que les faits, qui remonteraient à plus de trente ans, sont prescrits. En 2006, Benoit XVI, écarte le père de tout ministère public. La congrégation pour la doctrine de la foi invite ce dernier « à conduire une existence retirée dans la prière et la pénitence » et confirme ainsi la culpabilité du père mais renonce a engagé un procès canonique contre lui en raison de son grand âge et de sa santé fragile.
Quand on lit cette conclusion, c’est choquant. Le crime, quel qu’il soit, mérite une punition exemplaire. Que fait l’église ? elle écarte le coupable dans un endroit retiré où il peut faire pénitence.
Est-ce que les pédophiles en général, ont cette possibilité de se retrouver oubliés dans un coin ?La justice veut qu’il soit punit et enfermé pendant des années pour la plupart. Ensuite, il est suivi par un médecin qui le surveille en cas de récidive. La justice de droit civil n’a pas autant de complaisance pour les pédophiles.
Il est dit plus loin, que dans la congrégation citée plus haut, les prêtres étaient liés par un vœux spécial, levé seulement en 2006, à la demande expresse du Saint-Siège, qui les obligeaient à ne pas critiquer leurs supérieurs.
L’église avait le droit de tout faire, de tout réglementer, à condition que cela reste secret, par la faute des fidèles eux-mêmes qui ne disaient rien, et des prêtres eux-mêmes qui taisaient tous ces crimes.
En fin de compte, le droit canon, sert à l’église pour gérer sa grande famille de prêtres, pour ne pas ébruiter les crimes et autres manifestations indignes. Dans cet état religieux, ce code sert de justice, manié comme le désirent leurs dirigeants.

Quelles sont les réactions des paroissiens lorsqu’ils entendent ces accusations ?
La principale, au début de ces découvertes criminelles ecclésiastiques, était tout d’abord l’incrédulité. Un prêtre accusé, qui régit leur vie privée et religieuse, ne pouvait avoir commis tant de monstruosités. C’était inconcevable.
Et maintenant, avec la libération de la loi du silence, pour tous ces prêtres accusés dans le monde, de pédophilie et d’autres crimes, les paroissiens et le public, commencent à prendre au sérieux ces accusations. C’est pourquoi, l’église commence à réagir et décide qu’elle va sévir et s’occuper de ces problèmes ignobles, mais il a fallu combien d’enfants touchés et traumatisés avant qu’on puisse en parler devant une cour de justice civile ?
En 2001, le cardinal Dario Castrillon Hoyos, préfet de la congrégation pour le clergé, estimait encore qu’un évêque n’avait pas à dénoncer aux autorités civiles un prêtre de son diocèse. Il justifiait cet avis par la relation sacramentelle et les liens de paternité spirituelle unissant les prêtres à leurs évêques. Et cette relation sacramentelle est bien inscrite dans le code de droit canon.
Depuis quelques années, le pape, pour rattraper la mauvaise presse, dans la lettre adressée aux catholiques d’Irlande, observe que des évêques « ont manqué, parfois gravement, dans l’application des normes du droit canonique codifiées depuis longtemps en ce qui concerne les crimes d’abus sur les enfants……il faut admettre que de graves erreurs de jugement furent commises et que des manquements dans le gouvernement ont eu lieu ».
Dans le droit canon, qui existe depuis longtemps, il est prévu l’application de sanctions pour les membres du clergé coupables d’abus sexuels. L’église a pallié à ce droit, depuis le XIXème siècle, en faisant suivre une thérapie à ses membres, mais la pédophilie est une maladie dont on guérit rarement et certains centres et thérapeutes manifestaient une trop grande complaisance à l’égard de la pédophilie. Après différentes enquêtes réalisées en Irlande (rapport Murphy et rapport Ryan) et aux Etats-Unis (John Jay report) l’église a plusieurs fois condamné des abus sexuels sur les mineurs, mais les responsables de l’institution préféraient souvent chercher des solutions en interne, sans en référer systématiquement aux autorités civiles, ou sans suffisamment tenir compte du droit des victimes. Reinhard Marx, archevêque de Munich a déclaré «il y avait sûrement des tendances , dans le passé, à ne pas entacher l’image de l’institution. »
La plupart des exemples indiqués viennent d’internet et sont sur une page « immunité ecclésiastique et pédophilie » – il y a plusieurs textes qui sont annotés et non signés – mais en lisant ces textes, et pour conclure, l’église catholique a toujours fait ce qu’elle voulait dans son institution, et d’autres églises s’imposent à nous, ainsi que leurs méthodes particulières, et aucune réaction ou si peu. Il ne faut pas attendre que le pire arrive……..

Michèle ROUSSET

POEME
LEVE –TOI

Il est temps, lève-toi du cercueil de tissu
Où quelques barbares, pour mieux te dominer,
Ont fait disparaître tes yeux de jais, ton nez,
Tes lèvres , tes mots. Toi ? ma sœur, où es-tu ?
As tu donné ton âme, aimes-tu ton geôlier ?

Non, ce n’est pas un dieu qui veut faire de toi
Un objet invisible, non ce n’est pas un dieu
Qui veut te bâillonner, c’est un mensonge affreux,
Une bestialité édicté comme loi.
Viens, ma sœur, montre au ciel l’éclat de tes cheveux.

Dans mon pays, longtemps, les femmes ont été
Rabaissées . Il fallut des années de combat,
Pour qu’on leur reconnût enfin les même droits
Et le même respect, pour qu’avec équité
Ils nous soient partagés, avec ou sans la foi.
Nulle part n’est écrit que tu es un objet,
Une esclave dédié à la reproduction,
Invisible et surtout entravée de chiffons
Asservie par naissance, et plus rien désormais
N’est digne de l’humain si, par lapidation,
On peut t’assassiner sans parler de méfait.

Tu es née pour aimer, libre, pour avancer :
Ton corps et ton esprit à toi seule appartiennent.
Il s’agit de ta vie, montre-leur qu’elle est tienne.
Il n’est aucun bâillon qui tue la Vérité.
Lève-toi du linceul jusqu’à ce que nous vienne
Comme la lumière, le don de ta beauté.

Par toi, cet homme n’a aucune humanité,
Qui fait de toi l’esclave et l’ombre de sa haine,
Quand l’ignorance règne au monde se déchaîne,
Il est temps, tu le sais, d’enfin te libérer
Du voile de la honte, et de vivre, sereine,
Chaque jour un peu plus près de la liberté.
Christine PIE

SALUT L’ARTISTE , MERCI LE GRAND POETE
A quelques jours du printemps, Jean Ferrat a tiré sa révérence. Le chanteur engagé, le poète, l’amoureux des poètes, le rebelle s’est éteint dans son village adoptif d’Antraigues en Ardèche. Ce n’est pas parce qu’il était un ancien élu -conseiller municipal et maire adjoint- que je tiens à lui rendre hommage, mais parce qu’il nous a bercés, portés, émus, soutenus dans nos combats pour un idéal de justice, de paix, de solidarité. Toujours aux côtés de ceux qui luttent, toujours du côté des petites gens, toujours porte voix des sans voix. Un homme intègre, fidèle, sans concession. Des paroles, il y en aurait des milliers à citer, à fredonner, mêlant amour, poèmes d’Aragon, espoir, colère, hommage à la montagne, respect pour les poètes de la Résistance, horreur de la guerre…
« La porte du bonheur est une porte étroite, on m’affirme aujourd’hui que c’est la porte à droite, qu’il ne faut plus rêver… Un jour pourtant, un jour viendra, couleur d’orange. Un jour de palmes, un jour de feuillages au front, un jour d’épaule nue, où les gens s’aimeront.. Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche. On me dit à présent que ces mots n’ont plus court, qu’il vaut mieux ne chanter que des chansons d’amour, que le sang sèche vite en entrant dans l’histoire et qu’il ne sert à rien de prendre une guitare. Mais qui donc est de taille à pouvoir m’arrêter. L’ombre s’est faite humaine, aujourd’hui c’est l’été. Je twisterais les mots s’il fallait les twister, pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez. Je pense à toi, Desnos, qui parti de Compiègne comme un soir en dormant, tu nous en fis récit accomplir jusqu’au bout ta propre prophétie, là-bas où le destin de notre siècle saigne…Picasso tient le monde au bout de sa palette, des lèvres d’Eluard s’envolent des colombes. Ils n’en finissent pas tes artistes prophètes de dire qu’il est temps que le malheur succombe ».
Salut l’artiste, merci le grand poète.

Patrick BOUBE, conseiller général du canton d’Aurignac
(Ht-Garonne)

LE DROIT CANONIQUE ET L’IMMUNITE ECCLESIASTIQUE

QU’EST-CE QUE LE DROIT CANONIQUE OU DROIT CANON ?
C’est l’ensemble des lois et des règlements adoptés ou acceptés par les autorités catholiques pour le gouvernement de l’église et de ses fidèles. (définition trouvée dans l’encyclopédie wikipédia)

DEPUIS QUAND EXISTE-T-IL ?

Le droit canonique s’est élaboré progressivement, empruntant d’abord au corpus juridique romain.
A partir du Ivème siècle, les papes ont crée de nouvelles normes par le biais de lettres décrêtales. Les sources du droit sont très dispersées.
C’est au Moyen Age, par un gigantesque travail de compilation des sources (ordonnances des conciles, décrets des papes, et…..) que les canonistes parviendront à unifier ce droit.
Au Xième siècle, le droit civil est en train de devenir rationnel. C’est alors que vers 1140, Gratien publie son « Concorde des canons discordants », un traité méthodique qui servira jusqu’en 1917.
A cette époque, est finalement promulgué le nouveau Code de droit canonique, après maintes réajustements et manipulations, ou CIC.

LE CODE DE DROIT CANONIQUE DE 1983

A l’heure actuelle, le Code faisant autorité dans l’église latine est celui de 1983, qui met moins l’accent sur le caractère hiérarchique et ordonné de l’église. Il veut promouvoir l’image d’une église-peuple de Dieu et d’une hiérarchie au service des autres :

Can. 204 : «  Les fidèles du Christ sont ceux, qui, en tant qu’incorporés au Christ par le baptême, sont constitués en peuple de Dieu, et qui, pour cette raison, faits participants à leur manière à la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ, sont appelés à exercer, chacun selon sa condition propre, la mission que Dieu a confiée à l’église pour qu’elle l’accomplisse dans le monde ».

LE CIC COMPREND 7 LIVRES

LIVRE I : les normes de l’église avec la coutume, les décrets généraux et les instruction, les actes administratifs particuliers, les statuts et les règlements, ……

LIVRE II : le peuple de Dieu avec en 1ère partie, les fidèles du Christ , en 2ème partie, la constitution hiérarchique de l’église et en 3ème partie, les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique.

LIVRE III : la fonction d’enseignement de l’église : le ministère de la parole de Dieu, l’activité missionnaire de l’église, l’éducation catholique, les moyens de communication sociale et en particulier les livres, la profession de foi.

LIVRE IV : la fonction de sanctification de l’église, en 1ère partie, les sacrements, en 2ème partie, les sacramentaux,(ex : le culte des saints….) et en 3ème partie , les lieux et les temps sacrés.

LIVRE V : les biens temporels de l’église : l’acquisition des biens, l’administration des biens.

LIVRE VI : les sanctions de l’église, avec en 1ère partie, les délits et les peines en général , en 2ème partie, les peines pour des délits particuliers.

LIVRE VII : les procès, avec en 1ère partie, les jugements en général, en 2ème partie, les procès contentieux, en 3ème partie, quelques procès spéciaux, et 4ème partie, le procès pénal.

(Document recueilli sur l’encyclopédie Wikipédia et sur Internet).

Pendant notre dernière assemblée générale, Roger Louis, président de l’ADLPF a soulevé le problème : le droit canon couvre-t-il les prêtres pédophiles ? Au vu des documents exposés, vous comprendrez que le droit canon est un règlement qui est observé ou pas, par le gouvernement ecclésiastique.

Il est vrai que depuis quelques années, des dossiers ont dévoilé la pédophilie de certains prêtres.

La première alerte se passe aux Etats Unis, en 1985, Thomas Patrick Doyle, prêtre catholique et spécialiste du droit canon, rédige avec F. Ray Mouton Jr et le père Michaël Peterson, un rapport de 92 pages sur les nombreux abus sur mineurs commis par des membres du clergé. Il y a eu des commissions constituées, mais les évêques préféraient agir de façon indépendante dans leurs diocèses, avec leurs propres experts. Ce qui confirme bien que l’église est un état dans l’Etat, et le revendique dans son code de droit canonique.

Les premières affaires déclarées de pédocriminalité dans l’église catholique aux Etats Unis, apparaissent à la fin des années 1980. Des procès très médiatisés comme celui, en 1993, du prêtre Edward Pipala, condamné pour des viols commis sur une dizaine de jeunes garçons, contribuent à donner la parole aux victimes. Elles sont bientôt des centaines à sortir du silence. La peur, la honte, ont toujours retenu les victimes de parler.

En Europe, en 1995, le cardinal Hans Hermann Groër, archevêque de Vienne, est publiquement accusé d’abus sexuels par deux de ses anciens élèves. Le cardinal ne reconnaît pas ces abus mais renonce, la même année, à ses fonctions de primat des catholiques autrichiens. Le Saint-Siège estime que HH Groër est victime de fausses accusations. Une enquête avait été demandée, par le cardinal Ratzinger, alors préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, mais une partie de la curie romaine, dont le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’état du Saint-Siège, s’y serait opposée et aurait obtenu satisfaction. Donc, on en revient toujours à la même constatation, malgré le droit canon qui gère l’église catholique, pour punir, pour réglementer la vie des fidèles et des ecclésiastiques, celle-ci fait sa propre loi.

En France, avant les années 2000, les cas d’abus sur mineurs étaient souvent traités, d’après les témoignages des évêques eux-mêmes, dans la confidentialité. La principale mesure prise était souvent un changement d’affectation du prêtre, sans que le risque de récidive, et la nécessité d’une sanction efficace et exemplaire soient suffisamment pris en compte.
C’est en 1998, l’affaire grave de l’abbé Bissey, accusé d’une douzaine de viols et agressions sur mineurs entre 1985 et 1996, qui entraîne une punition , le prêtre est condamné le 6 octobre 2000, à 18 ans de réclusion criminelle. Cette affaire marque un tournant. Même l’évêque du diocèse, Pierre Pican, a aussi été mis en examen, pour « non-dénonciation de crime » et « non-dénonciation d’atteinte sexuelle sur mineurs de 15 ans ».

Il a fallu bien des années, pour en arriver à ce résultat. Les médias ont été pour une part, le déclencheur de cette prise de conscience , et le fait que les victimes soient sortis de leur silence, soutenues par des associations solides et solidaires, ont permis de faire appel au système judiciaire civil .

A partir de cette époque, les évêques déclarent qu’ils ne peuvent rester passifs, ou couvrir des actes délictueux, qui d’après eux, étaient inconnus jusqu’à présent. : « Les prêtres qui se sont rendus coupables d’actes à caractère pédophile doivent répondre de ces actes devant la justice » mais ajoutent aussi «  qu’il n’est pas facile à un évêque de réunir les éléments suffisants et sûrs lui permettant de savoir si un prêtre a effectivement commis des actes à caractère pédophile ».

Aujourd’hui, on entend maintes et maintes dénonciations d’abus sexuels commis par les ecclésiastiques, au Canada, en Irlande, et en Allemagne, où de grosses affaires ont pris jour.

Comme cette affaire au Mexique, du prêtre Marcial Maciel Degollado, fondateur en 1941 des légionnaires du Christ, mis en cause en 1956, pour toxicomanie, ainsi que pour abus sexuels sur des jeunes novices de sa congrégation. L’enquête se conclut au Vatican, par un non-lieu en 1959. L’affaire est gelée en 1999 à la demande de Jean-Paul II, en raison de la floraison de vocations dans cette oeuvre, et parce que les faits, qui remonteraient à plus de trente ans, sont prescrits. En 2006, Benoit XVI, écarte le père de tout ministère public. La congrégation pour la doctrine de la foi invite ce dernier « à conduire une existence retirée dans la prière et la pénitence » et confirme ainsi la culpabilité du père mais renonce a engagé un procès canonique contre lui en raison de son grand âge et de sa santé fragile.

Quand on lit cette conclusion, c’est choquant. Le crime, quel qu’il soit, mérite une punition exemplaire. Que fait l’église ? Elle écarte le coupable dans un endroit retiré où il peut faire pénitence.
Est-ce que les pédophiles en général, ont cette possibilité de se retrouver oubliés dans un coin ? La justice veut qu’il soit punit et enfermé pendant des années pour la plupart. Ensuite, il est suivi par un médecin qui le surveille en cas de récidive. La justice de droit civil n’a pas autant de complaisance pour les pédophiles.

Il est dit plus loin, que dans la congrégation citée plus haut, les prêtres étaient liés par un voeu spécial, levé seulement en 2006, à la demande expresse du Saint-Siège, qui les obligeaient à ne pas critiquer leurs supérieurs.

L’église avait le droit de tout faire, de tout réglementer, à condition que cela reste secret, par la faute des fidèles eux-mêmes qui ne disaient rien, et des prêtres eux-mêmes qui taisaient tous ces crimes.
En fin de compte, le droit canon, sert à l’église pour gérer sa grande famille de prêtres, pour ne pas ébruiter les crimes et autres manifestations indignes. Dans cet état religieux, ce code sert de justice, manié comme le désirent leurs dirigeants.

Quelles sont les réactions des paroissiens lorsqu’ils entendent ces accusations ?
La principale, au début de ces découvertes criminelles ecclésiastiques, était tout d’abord l’incrédulité. Un prêtre accusé, qui régit leur vie privée et religieuse, ne pouvait avoir commis tant de monstruosités. C’était inconcevable.
Et maintenant, avec la libération de la loi du silence, pour tous ces prêtres accusés dans le monde, de pédophilie et d’autres crimes, les paroissiens et le public, commencent à prendre au sérieux ces accusations. C’est pourquoi, l’église commence à réagir et décide qu’elle va sévir et s’occuper de ces problèmes ignobles, mais il a fallu combien d’enfants touchés et traumatisés avant qu’on puisse en parler devant une cour de justice civile ?

En 2001, le cardinal Dario Castrillon Hoyos, préfet de la congrégation pour le clergé, estimait encore qu’un évêque n’avait pas à dénoncer aux autorités civiles un prêtre de son diocèse. Il justifiait cet avis par la relation sacramentelle et les liens de paternité spirituelle unissant les prêtres à leurs évêques. Et cette relation sacramentelle est bien inscrite dans le code de droit canon.

Depuis quelques années, le pape, pour rattraper la mauvaise presse, dans la lettre adressée aux catholiques d’Irlande, observe que des évêques « ont manqué, parfois gravement, dans l’application des normes du droit canonique codifiées depuis longtemps en ce qui concerne les crimes d’abus sur les enfants……il faut admettre que de graves erreurs de jugement furent commises et que des manquements dans le gouvernement ont eu lieu ».

Dans le droit canon, qui existe depuis longtemps, il est prévu l’application de sanctions pour les membres du clergé coupables d’abus sexuels. L’église a pallié à ce droit, depuis le XIXème siècle, en faisant suivre une thérapie à ses membre, mais la pédophilie est une maladie dont on guérit rarement et certains centres et thérapeutes manifestaient une trop grande complaisance à l’égard de la pédophilie. Après différentes enquêtes réalisées en Irlande (rapport Murphy et rapport Ryan) et aux Etats-Unis (John Jay report) l’église a plusieurs fois condamné des abus sexuels sur les mineurs, mais les responsables de l’institution préféraient souvent chercher des solutions en interne, sans en référer systématiquement aux autorités civiles, ou sans suffisamment tenir compte du droit des victimes. Reinhard Marx, archevêque de Munich a déclaré «il y avait sûrement des tendances , dans le passé, à ne pas entacher l’image de l’institution. »

La plupart des exemples indiqués viennent d’internet et sont sur une page « immunité ecclésiastique et pédophilie » – il y a plusieurs textes qui sont annotés et non signés – mais en lisant ces textes, et pour conclure, l’église catholique a toujours fait ce qu’elle voulait dans son institution, et d’autres églises s’imposent à nous, ainsi que leurs méthodes particulières, et aucune réaction ou si peu. Il ne faut pas attendre que le pire arrive……..

Michèle Rousset

LE GROUPE EUGENE LE ROY, HEUREUX !

Le samedi 29 mai à Carsac-Aillac a été un jour mémorable.
Berthoux SECONDAT (ancien président) et Pierre DAVID, créateurs du groupe Eugène Le Roy (pourquoi Eugène Le Roy ? Parce que cet homme républicain, libre penseur, écrivain, a défendu toute sa vie la laïcité) qui sont à l’initiative du projet « rue ou place de la laïcité » démarré depuis 2 ans et proposé à une soixantaine de maires du Sarladais, peuvent être contents et fiers de voir ce projet prendre son envol : le maire de Carsac-Aillac a inauguré la Place de la laïcité, ce samedi 29 mai, en présence de Bernard CAZEAU, président du Conseil Général, Germinal PEIRO, député, et Pierre DAVID, actuel président du groupe.
C’est une grande récompense pour le groupe qui bataille depuis longtemps. Patrick BONNEFON, maire de Carsac-Aillac, a parlé de la laïcité, de ses principes, de l’évolution de l’école laïque dans sa commune, et rendu hommage à Bernadette TREFEIL, qui était un personnage important dans le cadre associatif.
Germinal PEIRO a expliqué que la laïcité passait par la tolérance mutuelle, la juste position entre des idées extrémistes et laxistes, et verrait bien en France, une rue de la laïcité dans chaque commune.
Pierre DAVID a exprimé ses remerciements et exposé son parcours difficile auprès des maires, qui aboutissait enfin : des maires d’autres communes lui apporteront leur soutien pour la rue ou place de la laïcité.
Bernard CAZEAU a conclu en disant que grâce à des mouvements associatifs comme le nôtre, des idées et des causes pouvaient avancer positivement.
C’était un très beau jour pour le groupe Eugène Le Roy, qui a présenté son exposition sur l’histoire de la loi de 1905 dans la journée, et débattu avec intelligence, sur des vidéos concernant l’actualité laïque.
Cette journée s’est terminée avec un vin d’honneur offert par la mairie de Carsac-Aillac.
Merci à tous pour ce bel événement.
Le groupe des libres penseurs Eugène Le Roy

INVITATION

BERNARD CAZEAU
Sénateur de la Dordogne
Président du Conseil Général

ANDRE ALARD
Conseiller Général
du canton de Carlux

PATRICK BONNEFON
Maire de Carsac-Aillac

et son conseil municipal

vous invitent

aux inaugurations de la place de la laïcité et de la Salle des Sports en hommage à BERNADETTE TREFEIL (rdv au Parking de la Salle des Fêtes à Carsac-Aillac)

SAMEDI 29 MAI 2010 À 19 H

en présence de
GERMINAL PEIRO, Député de la Dordogne,
PIERRE DAVID, Président du Groupe des libres penseurs Eugène Le Roy,
et de BERNARD GARROUTY, Président de l’Association « Entr’aide Cancer ».

Un vin d’honneur sera servi à l’issue de cette manifestation.

La rétrospective des panneaux sur l’histoire de la laïcité et le débat-vidéo sur les actualités laïques prévus par le Groupe Eugène Le Roy, pour l’occasion, se tiendront, donc à la Salle des Fêtes de Carsac-Aillac, le samedi 29 mai de 10 h à 18 h.

COMPTE-RENDU DU C.A. DU 30 AVRIL 2010

Le Groupe Eugène Le Roy vous propose une journée sur le thème de la laïcité :
Histoire et Actualités
LE SAMEDI 29 MAI à la Salle des Associations de Carsac.

Un panneau d’information se trouvera devant la porte d’entrée pour faciliter l’accès.

Cette journée est ouverte à tous
de 10 H A 18 H
Elle comprendra une rétrospective de 21 panneaux sur l’histoire de la laïcité
ainsi
qu’un débat-vidéo prévu à 16 H sur 3 actualités laïques  :
le NPA présente une femme voilée dans son parti,
Matoub Lounes, berbère et laïque,
et une femme voilée au Parlement de Bruxelles.

Ces thèmes seront débattus en compagnie des membres du C.A. qui répondront à vos questions .

Ce jour-là, nous distribuerons des tracts à Carsac. C’est pourquoi, nous avons besoin de volontaires, qui voudront bien se faire connaître auprès de P. DAVID (0553290125).

Bonnes nouvelles à l’horizon : la Mairie de Carsac a proposé le projet de la Place de la laïcité en Conseil Municipal , qui a été accepté et publié dans l’Essor, et d’autres mairies ont dans l’intention de suivre ce chemin de la laïcité.

Des autocollants « Défense de la laïcité » sont disponibles chez P. DUBOIS (0553283390).

N’oubliez pas d’aller sur le blog Eugène le Roy pour ceux qui le peuvent. Il est mis à jour régulièrement.

Nous vous attendons nombreux SAMEDI 29 MAI A CARSAC.

A bientôt,

Michèle ROUSSET

CHANGEMENT DE DERNIÈRE MINUTE : le Maire de Carsac a décidé d’inaugurer la Place de la Laïcité ce même jour 29 mai à 19 h.
Nous en sommes très heureux et attendons beaucoup de monde.
Grâce à la persévérance de Pierre DAVID, notre président, ce projet a enfin vu le jour.

L’endroit où se passe cette manifestation sera en définitive la nouvelle école de Carsac, vers la piste cyclable.

APPEL A LA JEUNESSE

Le groupe Eugène Le Roy s’adresse à la jeunesse, entre 30 et 40 ans, et même moins, qui voudrait bien participer à son action : c’est-à-dire la défense de la laïcité dans tous les domaines, les droits républicains, et la justice, entre autres….
Si vous êtes intéressés pour faire partie de notre Association, l’ inscription est de 20 euros pour l’année, et 6 euros pour l’abonnement au bulletin trimestriel, dans lequel tout le monde peut participer et donner son avis sur le sujet qui l’intéresse.
Pour cela inscrivez-vous sur les commentaires du blog en laissant vos coordonnées et je vous contacterez pour confirmer votre inscription.
La responsable

DU VIIIe au XXIe siècle, ces réformateurs oubliés

Quelques extraits d’un article publié dans Marianne n° 675 du 27 au 2 avril 2010 :
« En matière de rénovation des idées et de relecture du Coran, « il y eut au moins un réformateur par siècle ». Dès le 1er siècle de l’hégire, l’ère musulmane,qui correspond à notre VIIIe siècle, Abou Hanifa, un juriste de Bagdad, se signalait par son non-conformisme. Il jugeait déjà les recommandations du Prophète comme inadaptées aux temps nouveaux. Son école restera la plus libérale des quatre de l’Islam. Jusqu’au XIXe siècle, on voit se lever au Caire les grandes figures de la modernité islamique : Mohamed Abdu (1844-1905) invoque la raison et la science contre l’hébétude des traditions. Dans les années 20, son disciple Kacem Amine, écrit un essai intitulé La libération de la femme, dans lequel il appelle au rejet du voile. Ali Abderraziq, en 1925, voit ses livres brûlés, car il y démontre que l’Islam ne doit surtout pas se mêler de conduire les affaires de la cité. Depuis 3 décennies, la mort rôde à nouveau autour de toute pensée critique. Plus près de notre époque, Abdolkarim Soroush, philosophe iranien, qui prône la séparation totale du religieux et du politique, a dû fuir Téhéran, et d’autres, sont exécutés, car réformistes.
Article écrit par M.G.

Est-ce cela qu’on appelle la liberté ?
La responsable du blog

le blog

Ce blog a été créé pour permettre à différentes personnes de communiquer sur plusieurs sujets d’actualités : nous attendons vos commentaires quels qu’ils soient.
La laïcité que nous défendons, comporte le droit d’expression, le droit de liberté, le droit de religion….. dans la limite du raisonnable, et refuse l’extrémisme. Tout extrémisme n’est pas sain, et devient fanatisme.
Alors parlons, expliquons-nous, échangeons, essayons de comprendre…..
La Responsable

Bulletin N° 13 avril – mai – juin 2010

EDITORIAL
Les abandons spectaculaires
La première décennie du 20ème siècle qui devrait être marquée par le progrès des idées humanistes des Philosophies des Lumières du 18ème siècle, des grands penseurs et écrivains des 19ème et 20ème siècles, voient au contraire une régression significative de notre civilisation.
L’abandon volontaire, ces dernières années, des grands principes de laïcité et d’instruction publique expliquent cela. Cent ans après la loi de séparation de l’église (des églises) et de l’état, nous assistons depuis cinquante ans à son démantèlement , nous voyons la démission de l’Etat Républicain, des réalisations dans lesquelles nous vivions dans l’harmonie, la tolérance, le respect de l’autre, qu’avaient insufflé à nous tous les enseignants laïques.
En trahissant et abandonnant la laïcité, on assiste, dans nos écoles, collèges, lycées, au retour de la loi de la jungle, la loi du plus fort et du plus bête. Va-t-on revenir aux aborigènes ou à la préhistoire ?
Les crétins en costume trois pièces, qui tiennent lieu de « ministre de l’éducation nationale », sont pour beaucoup dans ce marasme.
Où les enseignants débordés par l’incivisme réclament plus d’éducateurs et d’encadrement, on répond par les suppressions de postes ou le non remplacement des retraités . (C’est aussi le drame chez les hospitaliers).
On me dira : et les parents ? Bien sûr, beaucoup démissionnent de leurs devoirs, leurs enfants les dépassent et n’obéissent plus. Peut-on condamner ces parents ? C’est plutôt le système capitaliste qui les accule à la misère et au chômage. Ils ne peuvent plus assumer avec sérénité leur devoir de surveillance, étranglés qu’ils sont par les fins de mois difficiles et le manque d’argent. Retour de la misère et de la précarité dans des pans entiers de notre société ; paysans endettés, retraités aux abois, multitude de mal logés ou de SDF, tout ceci malgré la suffisance et les rodomontades des incapables au pouvoir.
Nous, Libres Penseurs, réclamons simplement le retour pur et simple aux lois Laïques et à la Laïcité qui permettraient de rétablir un enseignement Public, et non privé, avec des moyens suffisants pour soutenir les enseignants et faire cesser la loi de la jungle. Car il ne faut désespérer de la jeunesse. Si on lui redonne un idéal, des emplois, qu’on l’intéresse à la vie, elle est capable de grandes choses. Pendant l’occupation allemande, se sont les « bons à rien », les « zazous », les « poulbots » qui peuplèrent les maquis et s’armèrent contre les occupants avec les émigrés d’alors et mirent fin à l’oppression nazie, pendant que des militaires de carrière pratiquaient l’attentisme ou la collaboration.
Vive la Laïcité ou ciment de l’unité nationale et du respect des opinions de tous. Les Libres Penseurs aideront à la rétablir.
Pierre DAVID

La Boétie,
le Républicain des lettres
On évoque souvent la courte et belle vie de notre compatriote Etienne de la Boétie, aujourd’hui, je voudrais retracer sa marche vers l’humanisme et la liberté.
En ce début du XXIème siècle il faut plus que jamais magnifier ces idéaux qui sont les nôtres, à la libre pensée. Ils sont de plus en plus reniés et battu en brèche par l’ignorance et l’inculture politique qui règne actuellement.
Le père d’Etienne de la Boétie étant mort prématurément, c’est son oncle Etienne, prieur des Veyssières à Vitrac et curé de Bouilhonac qui prend en main l’éducation de son neveu.
Ses études se déroulent d’abord à Sarlat, ville tumultueuse où trois évêques successifs décédèrent de manière suspecte en la seule année 1529. La reine Catherine de Médicis impose un nouvel évêque en la personne de Nicolas Gaddi, Italien de Florence qui contribua beaucoup à sortir la ville des routines moyenâgeuses. Sous l’influence de son oncle, La Boétie apprend la connaissance des valeurs grecques et latines, en même temps que les matières fondamentales, son oncle l’oriente vers le droit. Pour cela, il faut aller étudier à Bordeaux, puis à Orléans. Très jeune, il lit les auteurs grecs et latins dans la langue. Il traduit les auteurs Xénophon, Plutarque, Cicéron, entre autres. Il retrace les vies des héros antiques et de plus en plus s’opère en lui un glissement vers l’humanisme. Un bouleversement, les débuts du protestantisme, avec les idées de la Réforme, orientent alors le jeune Etienne à écrire à l’âge de seize ans – certains diront dix-huit – son magnifique »Discours de la servitude volontaire », véritable brûlot qui condamne les tyrannies que se donnent les hommes. Je consacrerai un autre article à ce livre qui devrait nous servir de modèle aujourd’hui.
Dans sa lancée, Etienne compose des sonnets dans lesquels on retrouve l’influence des poètes de la Pléiade. Ces sonnets, où il chante sa chère rivière Dordogne, il les dédie à Marguerite de Carle, qu’il épousera en 1552.
Avec son ami Michel de Montaigne, dont il fait la connaissance à Bordeaux, c’est le début d’une communion d’idées qui leur confère le beau titre de Républicains des Lettres, à l’image des auteurs antiques. En ces périodes d’intolérance et de troubles, il fallait avoir du courage pour promouvoir ces idées. En 1560, Etienne trouve un interlocuteur de poids, Michel de L’Hospital, lui aussi enclin à la tolérance envers les réformés.
De plus en plus, La Boétie sera conforté dans sa lutte contre les tyrannies et les intolérances. Montaigne le dissuade par prudence d’écrire d’avantage. Il ne publiera le Discours de la servitude volontaire qu’après la mort d’Etienne. Jusque là, il n’est lu que clandestinement. La Boétie aurait cent fois mérité le bûcher pour crime de lèse-majesté.
Leur magnifique amitié prendra fin avec la mort d’Etienne le 18 août 1563. Mais sa mémoire est toujours vivante et nous devons le remercier de nous avoir mis en garde contre la dictature et la tyrannie.
Inspirons nous de l’exemple du grand Sarladais, quatre siècles et demi après, luttons contre le retour des aspirants à la tyrannie. Le bulletin de vote est notre arme.
Pierre DAVID

Discours sur la servitude volontaire
d’Etienne de la Boétie
[Littérature classique]
Comment se fait-il que les hommes combattent pour leur servitude comme s’il s’agissait de leur salut ? Cette question, qui sera reprise par Spinoza et réactualisée par la domination totalitaire, est au coeur du ‘Discours de la servitude [...]
Plus sur « Discours sur la servitude volontaire »
Discours de la servitude volontaire
d’Etienne de la Boétie
[Littérature classique]
Plus sur « Discours de la servitude volontaire »

LAICITE – ECOLE ET SOCIETE
Le débat sur l’identité nationale, les évènements survenus dans les collèges et lycées de la banlieue parisienne, la dégradation générale du climat social, sont les symptômes d’une crise sociétale grave, que la « crise » seule ne peut expliquer.
La « crise », la grande, la seule qui compte, celle des banquiers dont l’ombre portée nous menace tous – nous qui n’avons rien fait – n’explique rien. C’est une énorme opération d’enfumage, un paravent médiatique pour éviter d’y voir trop clair.
Et pourtant, il y a peu, la France ne produisait pas autant d’agressivité sociale ! Et si nous suivions les traces de la laïcité dans ce pays qui par l’école a permis de construire une structure sociale originale ? Ceci peut être une voie d’accès pour un Libre Penseur.
LA LAICITE
La laïcité fait partie des principes fondamentaux constitutionnels de la République.
LIBERTE…EGALITE…FRATERNITE…LAICITE.
Elle apporte quoi ?
La garantie que chacun de nous à le droit de penser, et surtout de l’exprimer, dans le respect des lois de ce pays, en respectant l’Autre, dans son intégrité physique et mentale.
Exprimer sa pensée peut se traduire par : un discours, un écrit (article, lettre, livre…mais aussi S.M.S ou tout autre moyen d’échange autour d’internet), un dessin (y compris une caricature !), une musique, un film …et, pourquoi pas, une chorégraphie ?
Elle est un principe :
Elle ne se prête donc à aucune interprétation. Elle n’est pas concernée par l’évolution sociale – la bien nommée – au contraire, c’est l’évolution qui doit se conformer au principe ! Elle n’est pas soumise aux lois, se sont les lois qui respectent le principe de laïcité.
La laïcité s’applique aux institutions :
Les grands services publics : hôpitaux, postes, sans faire de publicité, doivent aider les individus à s’exprimer.
Pour l’école, la difficulté est double. Car en plus de l’application du principe, il faut aussi qu’il soit assimilé par les enfants, qui seront des adultes de demain.
L’ECOLE & LA LAICITE
Les difficultés commencent avec l’accueil de la vie scolaire.
Les problèmes liés à la mixité par exemple.
Certains choix parentaux difficilement compatibles avec une vie en collectivité (vaccination, choix vestimentaires…).
Interdits alimentaires : le porcs pour les musulmans et les juifs.
Et l’on oublie volontiers :
que le petit diabétique doit….
que les allergies se multiplient et restent difficiles à gérer.
que le mal voyant à besoin de tel matériel et le mal entendant doit aussi apprendre à lire.
Et tous, juif, mal entendant, musulman, moitié sourd et caractériel joueront au foot ensemble, les difficultés des uns confrontées aux carences des autres. Ils s’opposeront, se complèteront, et apprendront ainsi le «vivre ensemble ».
LES MAITRES & LA LAICITE
Jules Ferry, dans une lettre célèbre, demandait aux maîtres :
« Vous ne toucherez jamais avec trop de scrupule à cette chose délicate et sacrée qu’est la conscience d’un enfant… ».
L’école publique garantie ainsi la « non manipulation des consciences », afin que chaque enfant puisse développer sa pensée par lui même et pour lui même, seul gage d’autonomie, donc de liberté pour sa vie future.
Au contraire de la démarche publicitaire, qui est un magnifique exemple de conditionnement, ainsi l’individu du bien conditionné, transformé en automate, devient un consommateur addicté au produit lamda, comme d’autres le sont à la cocaïne. Mais plus que la consommation, se sont des idées induites sous des attitudes, des propos, souvent présentés comme anodins, homologués et convenables car VU A LA TV, et qui laissent apparaitre un petit anti féminisme, un anti sémitisme, alors que ce travers de pensée raciste était quasiment éradiqué de notre pays.
Les maîtres doivent respecter scrupuleusement les principes laïcs tout en faisant entrer les enfants dans une vie sociale où chacun devra trouver sa place. Place qui doit satisfaire l’enfant, le protéger et lui permettre de grandir physiquement mais aussi intellectuellement.
Car toute modification (acquisition ou perte de savoir) oblige à un rééquilibrage total de la personne.
Chacun se souvient des « crises » petites ou grandes rencontrées avec les enfants. Moments difficiles pour tout le monde, qui se résorbent plus ou moins vite, les plus longues correspondant à une remise en cause plus profonde.
POUR QUELLE SOCIETE ?
Des études sociologiques récentes ont fait apparaître des attitudes allègrement passées sous silence par le grand cirque médiatique qui nous assourdit.
La Pologne, par exemple (grâce à l’énorme travail de l’église) était devenue le pays le plus anti sémite de toute cette région d’Europe, avant et pendant la seconde guerre mondiale (et ce en dehors de la présence des camps de concentration).
Un autre exemple plus amusant : l’accueil que la France, et les français surtout, ont fait aux GIs noirs américains à la stupeur, le mot n’est pas trop fort, des autres américains (WAPS bien sur !?).
D’où le succès du jazz. Et ici les musiciens sont unanimes ! A Paris un jazzman était adulé, reçu et fêté comme il ne l’avait jamais été avant. Les français ne faisait pas de différence entre un musicien blanc ou un noir !
Car, aux Etats Unis, les musiciens noirs quittaient la salle par derrière et allait se changer dans un camion, une voiture, et ceci pour les plus grands, donc les plus chères…alors les autres !!
L’aventure vécue par Joséphine Baker, notre voisine, qui lors d’un voyage en Amérique, se fit jeter comme une malpropre d’un bus car elle avait pris le couloir réservé aux blancs ! Il faut bien reconnaître que pareille aventure ne risquait pas de lui arriver à Sarlat !
Paris représentait un « Coin de Paradis » … et les français ne se sentaient pas des surhommes.
Cette attitude semblait naturelle. Pas tant que ça, ceci n’est pas inné.
Si la France n’était pas raciste ni anti sémite, l’on pourrait avec le recul, déposer une pierre de reconnaissance devant les petites écoles de nos campagnes où de très grands maitres – fort mal payés par ailleurs – avaient appris à des enfants :
Le RESPECT de l’AUTRE.
ET DEMAIN
C’est ici que se joue dans les dérives actuelles l’avenir de nos générations futures.
Nous ne proposons à nos jeunes – l’on devrait plutôt dire, nous ne vendons – que des recettes et des solutions toutes faites, pour « faire du fric ». Deux choses que les jeunes ont en horreur, les Ados en particulier.
Ils auraient besoin de chercher des perspectives pour leur avenir, leur vie à eux.
Les enfermer dans un monde fini, c’est les condamner à la folie, dans un univers vécu comme une prison.
Apprendre à pianoter sur un clavier – et pas autre chose – devient vite une horreur ! Surtout qu’ils apprennent plus vite que nous ! Mais interdire de toucher à la machine, de la « bricoler » (ceci s’appelle la Propriété intellectuelle) montre que même l’esprit doit rester dans le cadre.
Car rien dans ce monde que l’on croirait crée par ORWELL
n’est pire qu’un individu qui se mettrait à réfléchir et penser par lui même. Ce gars là dans notre post cyber société devient un bug permanent. Un vrai danger. Il pourrait freiner, ralentir la chevauchée fantastique du « Progrès Social Permanent ». Gripper le délire social, bloquer le système !!!
Dans ce monde qui manque cruellement de réflexion et où les décisions sont dictées par l’affectif, l’émotion, le fait divers, où les journalistes nous gavent de meurtres, de viols, où pour être chanteuse il faut d’abord apprendre à lancer sa culotte dans le public, où le J. Télévisé n’est qu’une série macabre, un véritable podium olympique des horreurs ; et c’est dans ce monde télévisuel que nos jeunes s’immergent plusieurs heures par jours. Ceci va constituer le tréfonds de notre culture sociale, qui, couche après couche, la violence, la haine, le meurtre, s’entassent, se stratifient et vont constituer le fondement de notre conditionnement mental.
C’est avec ce matériau que les maitres d’écoles devront travailler pour créer un monde où l’Espoir, la Créativité, le Respect de l’Autre permettront aux jeunes de grandir pour tenir leur place d’hommes dans la société de demain.
LAÏCITE ET TOLERANCE
La laïcité s’applique à l’Institution, elle nous garantie le Droit d’expression . Dans ce cadre l’individu se doit d’être Tolérant, il doit penser, avoir un avis à défendre. Car l’intolérance existe !
La Tolérance n’est pas une faiblesse. Elle doit être une force qui permet d’aller à la rencontre des Autres, dans le respect de chacun.
La Tolérance n’excuse pas le racisme, l’antisémitisme, l’intégrisme religieux.
LE LIBRE PENSEUR
il se doit d’être tolérant certes, mais surtout rester éveillé, à l’écoute des faits sociaux, pour les analyser et en retirer un avis.
Ne pas « consommer » n’importe quoi. Ne pas admettre comme vérité d’évangile la dernière tocade journalistique à la mode, créée pour cacher les vrais problèmes.
A Sarlat, P. CASSEN avait évoqué cette attitude et l’avait comparée à une poche de résistance.
Libre Penseur – Résistant.
Et pourquoi pas ?
Roger ANDRAL
Sarlat le 20/02/2010

ASSOCIATION DES LIBRES PENSEURS EUGENE LE ROY
COMPTE-RENDU DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 28 MARS 2010
Devant une cinquantaine d’invités, dans l’agréable salle des fêtes de Vézac, l’assemblée générale de notre groupe, s’est déroulée avec enthousiasme et bonne humeur.
Le maire de Vézac nous a accueilli en toute amitié et nous l’en remercions.
Le Président de notre Association a rendu hommage à Fernand Peiro qui a été maire de cette commune pendant plusieurs années, libre penseur éclectique lors de son mandat.
Roger Louis, Président de l’Union Mondiale des Libres Penseurs, toujours présent et motivé, nous a proposé un sujet à débattre dans un avenir futur, sur le droit canon et l’immunité de l’Etat du Vatican, sur les problèmes de pédophilie ecclésiastique.
Pierre David a présenté son rapport moral en rappelant qu’il avait contacté une cinquantaine de maires, pour le projet de la « rue de la laïcité » qui n’a pas encore abouti concrètement, mais des mouvances de la part de nos élus pourraient débloquer ce projet, dans les mois à venir.
Michèle Rousset, la secrétaire, a présenté son rapport d’activités, surtout axé autour de la laïcité dans tous les domaines.
Paulette Dubois, la trésorière, a présenté son rapport financier, toujours net et clair.
Les trois rapports ont été adoptés à l’unanimité.
Le nouveau conseil d’administration a été également élu à l’unanimité et comprend désormais 8 membres.
Pour conclure, Germinal Peiro, député, participant à notre assemblée, a ouvert le débat sur un projet de loi en cours « sur la fin de vie », qui trouve des oppositions venant entre autres, de l’Eglise. En effet, tout être humain devrait avoir le droit de mourir dans la dignité.
Ensuite, la salle a échangé des idées et des propositions, en toute sympathie, sur différents sujets.
Cet événement associatif a pris fin sur une note plaisante avec apéritif et repas copieux pendant lequel les participants ont pu exprimer leur plaisir de se retrouver.
A l’année prochaine, toujours pour la défense de la laïcité.
Michèle Rousset
La Secrétaire

La laïcité n’est un combat perdu que si l’on ne se bat pas
Depuis un certains temps, les assemblées et administrations territoriales avaient une certaines tendance à passer outre l’article 2 de la loi du 19 décembre 1905 dite de séparation des églises et de l’état.
La vigilance des citoyens et de la Libre Pensée, qui ont constaté cette déviation clientéliste auprès des tribunaux administratifs, vient de remettre les pendules à l’heure.
L’action contre les subventions votées par les Conseils Général et régional au printemps pour financer les ostensions limousines (exposition des reliques de saints) a aboutit ; le père Noël, le 24 décembre dernier, nous a fait cadeau d’une décision favorable.
Cette décision est dans la ligne de celle annulant les subventions pour l’érection d’une statue de Jean-Paul II à Ploermel votées par le Conseil général du Morbihan, ainsi que de léarrêt de la Cour d’Appel de Douai sur l’affaire de Wandignies-Hamage (crucifix dans la cantine scolaire). Les décisions des Conseils généraux et régionaux de ne pas faire appel semble indiquer qu’ils ont maintenant un argument incontournable pour résister aux pressions des tenants de la laïcité très ouverte.
Ce qui prouve, par ailleurs, que la laïcité n’est un combat perdu que si l’on ne se bat pas…
Gilles Geirnaert (Libre Pensée de la Haute-Vienne)